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Image d'illustration / CC - Faride Boureima - Studio Kalangou

Niger : les femmes victimes de violences conjugales

La femme, grand pilier de la société et de la famille, se trouve parfois victime de différentes formes de violences, dont les violences conjugales.

Selon le résultat de l’enquête, sur les violences basées sur le genre, de l’Institut National de la Statistique, réalisée en 2010 disponible sur ce lien, les femmes sont victimes de nombreuses formes de violences. Parmi celles-ci , les violences physiques représentent 43 % des cas, suivies des violences sexuelles 28,3 %. Quant aux violences économiques, elles représentent 17,1 %. Pour les violences psychologiques, le taux est de 6,6 %. Avec 4,8 % pour les violences culturelles. La majeure partie de ces violences surviennent dans le foyer tant en milieu rural qu’urbain.

Pourquoi toutes ces violences ?

La place de la femme a longtemps été considérée comme étant au foyer, faisant le ménage et s’occupant des enfants. C’est aussi dans ce même foyer qu’elle subit le plus souvent ces violences. Celles physiques représentent le plus grand chiffre (43 %), mais elles ne sont pas les seules qu’elles subissent dans le milieu familial. Toujours dans le même rapport il est noté que parmi les violences familiales, il existe les coups et blessures, le viol conjugal, les violences liées à la dote, l’infanticide des filles, les violences sexuelles contre les enfants de sexe féminin du ménage, les mutilations génitales, les mariages précoces, les mariages forcées et autres. Le témoignage de Fatouma, victime de violences conjugales en dit long : « il me maltraite, me chasse, me frappe et insulte mes parents, en plus il m’a pris mon bébé de cinq mois. Déjà, lorsque mon nourrisson avait deux semaines, je n’avais même pas terminé les quarante jours d’après accouchement, il m’a frappé jusqu’à me blesser les bras ». C’est malheureusement le quotidien de beaucoup de femmes.

La banalisation de ce fait par la société n’arrange rien. Imaginons, une femme battue, quittant son foyer revenant chez ses parents pour chercher de l’aide, la plupart du temps, elle ne reçoit que ce genre de réponse « retourne chez toi, la place d’une femme est dans son foyer, chez son mari ». La société justifie ces violences par les obligations du mariage. Prises dans cet étau, ce ne sont pas toutes les femmes battues qui cherchent de l’aide. Mme Mariama Moussa présidente de l’ONG SOS FEVVF (femmes et enfants victimes de violences familiales) explique qu’ils ont eu à traiter plusieurs cas : « de la création de l’ONG, le 19 novembre 1998, à aujourd’hui, on a appuyé plus de deux mille (2 000) femmes et enfants victimes de violence ». Malgré la présence de ces structures qui luttent contre ces violences faites aux femmes, elles persistent toujours.

L’existence de ces organisations seule ne résoudra pas le problème. Une plus grande sensibilisation, tant chez les femmes que chez les hommes, s’impose. Même s’il n’existe pas de chiffre sur le nombre de décès liés aux violences conjugales, le Niger n’est pas épargné par ce drame, qui doit être combattu par l’ensemble de la société.

Temoignage de Fatouma


Interview de Mariama Moussa


 

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